Le marché informel des devises en Algérie connaît une effervescence particulière en ce début d’année. Ce mercredi 7 janvier 2026, la monnaie unique européenne a franchi de nouveaux paliers face au dinar algérien, confirmant une tendance haussière amorcée en début de semaine.
Une progression fulgurante en quelques jours
Sur les principales places de change parallèle, notamment au Square Port-Saïd, le billet de référence de 100 euros a vu sa valeur grimper de manière significative :
À la vente : Il affiche une hausse de 100 dinars par rapport à la veille et de 300 dinars comparativement à la cotation du dimanche 4 janvier.
À l’achat : Les cambistes proposent désormais 27 800 dinars pour 100 euros, soit une augmentation de 100 dinars par rapport à la journée de mardi.
Les deux moteurs de cette flambée
Selon les observateurs et les acteurs du marché, cette surchauffe s’explique par deux facteurs conjoncturels majeurs :
Le « rush » de la Omra de Ramadhan : Le mois sacré devrait débuter aux alentours du 18 février prochain. Comme chaque année, des dizaines de milliers d’Algériens s’apprêtent à rejoindre les Lieux Saints. En l’absence d’une allocation touristique suffisante ou d’un accès spécifique au taux de change officiel pour ces pèlerins, le marché noir devient l’unique recours pour s’approvisionner en devises. Cette demande massive et soudaine pèse lourdement sur l’offre disponible.
Mesures bancaires et reprise commerciale : L’annonce faite dimanche dernier concernant la levée de l’obligation d’alimenter les comptes bancaires commerciaux via des paiements dématérialisés a agi comme un catalyseur. Cette mesure a restauré un climat de confiance chez les opérateurs économiques. En facilitant les transactions, elle a mécaniquement relancé la demande en euros pour les besoins du commerce extérieur informel.
« La hausse pourrait se poursuivre »
À ces facteurs saisonniers et réglementaires s’ajoute la pression continue des « clients classiques » du marché noir (épargnants, voyageurs médicaux, etc.). Interrogé ce matin, un cambiste activant à Alger ne cache pas son inquiétude quant à la disponibilité des coupures :
« La demande est très forte depuis dimanche. Entre les futurs pèlerins et les commerçants qui reprennent leurs activités de plus belle, l’offre ne suit pas toujours. Si le rythme actuel se maintient, il est fort probable que l’euro continue de grimper dans les prochains jours. »
Cette situation pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des Algériens souhaitant voyager, alors que l’écart entre le taux officiel de la Banque d’Algérie et le taux du marché parallèle continue de se creuser de manière spectaculaire.
