Après une courte accalmie en milieu de semaine, l’euro repart à la hausse face au dinar algérien sur le marché parallèle des devises, confirmant la tendance à la volatilité qui caractérise ce marché. La reprise de la demande sur l’euro, combinée à une offre en recul, a fait grimper les taux de change de manière significative en ce début de week-end.
Les cambistes de la place d’Alger et d’autres grandes villes du pays rapportent une nette appréciation de la monnaie européenne. Le billet de référence de 100 euros s’échange aujourd’hui à la vente contre une somme oscillant entre 26 400 DA et 26 450 DA, un bond notable par rapport aux 26 350 DA enregistrés jeudi et hier. Cette augmentation marque un retour à des niveaux plus élevés et reflète la pression croissante sur le dinar.
Du côté de l’achat, la tendance est la même. Les cambistes proposent d’acquérir 100 euros pour une somme comprise entre 26 150 DA et 26 200 DA, selon les montants échangés et la région. Pour rappel, la veille, le taux d’achat ne dépassait pas les 26 100 DA, ce qui montre la rapidité de la fluctuation.
Plusieurs facteurs expliquent cette remontée soudaine de l’euro. Le principal est sans doute le déséquilibre entre l’offre et la demande. Alors que la demande pour la monnaie européenne reprend de plus belle, l’offre, elle, se raréfie. Cette situation est directement liée au retour de la majorité des membres de la diaspora algérienne vers leurs pays de résidence respectifs. Ces voyageurs, qui ont traditionnellement alimenté le marché noir en euros durant l’été, ne sont désormais plus sur le territoire, ce qui diminue considérablement l’apport en devises.
À cette première raison s’ajoute une autre, d’ordre conjoncturel. Un cambiste interrogé par notre rédaction explique que les anticipations sur l’importation de véhicules neufs et d’occasion (moins de trois ans) pèsent lourdement sur le marché. « L’annonce de la reprise des importations via les ports d’Alger et d’Oran à partir du 15 septembre a créé une forte demande de devises chez les importateurs », a-t-il affirmé. Ces derniers, qui se préparent à finaliser les transactions à l’étranger, se ruent sur le marché noir pour acquérir les euros nécessaires, poussant ainsi les prix à la hausse.
Dans ce contexte, il est fort probable que la pression sur le dinar se poursuive dans les jours à venir, surtout avec le lancement imminent de la nouvelle vague d’importations automobiles. La hausse actuelle pourrait n’être qu’un prélude à une dépréciation plus marquée si l’offre ne parvient pas à suivre le rythme de la demande.






