Après une courte période de stabilité voire de recul, la monnaie unique européenne reprend sa marche en avant sur le marché parallèle des devises en Algérie. Ce jeudi 18 décembre 2025, l’euro enregistre une hausse significative, portée par les nouvelles restrictions bancaires entourant l’allocation touristique.
Les chiffres du jour au Square Port-Saïd
Le billet vert n’est pas le seul à s’enflammer. L’euro a gagné 100 dinars algériens sur la valeur du billet de 100 euros par rapport aux cotations de la veille. Selon les cambistes interrogés sur la place d’Alger :
À la Vente (Prix d’achat pour le citoyen) : Le billet de 100 euros s’échange désormais contre 28 100 DZD.
À l’Achat (Prix de rachat par le cambiste) : La cotation est fixée à 27 800 DZD pour 100 euros.
Cette augmentation, bien que légère en apparence, marque un tournant psychologique important pour les opérateurs informels qui anticipent une raréfaction de la devise dans les semaines à venir.
Les restrictions sur l’allocation touristique pointées du doigt
Si l’euro repart à la hausse, ce n’est pas le fruit du hasard. Les cambistes et les experts financiers s’accordent à dire que les nouvelles mesures draconiennes de la Banque d’Algérie concernant l’allocation touristique de 750 euros sont le principal moteur de cette reprise.
Depuis le début de la semaine (15 décembre), les banques ont durci les conditions d’accès à ce droit de change :
Suppression du cash : Le paiement de la contre-valeur en dinars doit désormais se faire exclusivement par carte bancaire ou chèque (moyens scripturaux).
Justification des fonds : Les demandeurs doivent prouver la provenance de leur argent, une barrière insurmontable pour de nombreux citoyens sans revenus fixes ou activant dans l’informel.
Bancarisation forcée : L’obligation de détenir un compte dans la banque émettrice a créé une véritable « cacophonie » dans les agences, poussant de nombreux voyageurs à se retourner vers le marché noir du Square, plus simple et immédiat.
Perspectives : Vers une fin d’année record ?
Avec les départs en vacances de fin d’année et la complexification des procédures bancaires, la demande sur le marché parallèle risque de s’intensifier. « Dès que la banque ferme une porte, le Square ouvre une fenêtre », explique un habitué du marché informel. Si ces restrictions persistent, le seuil des 28 500 DZD pour 100 euros pourrait être franchi avant le 31 décembre.
