Nouvelle journée de recul pour la monnaie unique européenne sur le marché parallèle des devises en Algérie. Ce samedi, l’euro a enregistré une baisse significative, confirmant une tendance baissière amorcée en milieu de semaine. Au Square Port-Saïd, cœur battant du change informel, les cambistes affichent des mines sombres face à une demande qui s’essouffle.
Des chiffres en net recul
Le billet de 100 euros, référence du marché, a perdu du terrain par rapport aux jours précédents. Il s’échange désormais contre 28 000 dinars à la vente (prix proposé par les cambistes aux clients) et 27 000 dinars à l’achat.
Cette nouvelle cotation marque une baisse de 100 dinars par rapport aux niveaux observés jeudi et vendredi derniers. Plus révélateur encore de la fragilité actuelle des cours : l’euro a perdu 200 dinars par rapport à son pic atteint la semaine dernière, lorsqu’il frôlait des sommets historiques.
Le « facteur Tunisie » pèse sur la demande
Cette chute brutale n’est pas le fruit du hasard. Les experts et les acteurs du marché pointent du doigt une raison conjoncturelle majeure : la crise des voyages organisés vers la Tunisie.
Traditionnellement, le mois de décembre est marqué par une forte demande de devises de la part des familles algériennes souhaitant passer les fêtes de fin d’année chez le voisin tunisien. Or, cette année, la donne a changé :
Restrictions administratives : De nouvelles mesures de contrôle strictes ont été imposées aux agences de voyages organisant des sorties touristiques par bus vers la Tunisie.
Annulations massives : Face à ces contraintes techniques et réglementaires, de nombreuses agences ont été contraintes d’annuler leurs programmes, entraînant un désistement massif des voyageurs.
Un marché régi par l’offre et la demande
La mécanique économique est ici implacable. Moins de départs vers l’étranger signifie mécaniquement une baisse de la demande pour la monnaie européenne. Avec un stock de devises disponible mais peu de preneurs, les cambistes n’ont d’autre choix que de réviser leurs prix à la baisse pour tenter de dynamiser les échanges.
Si cette tendance se confirme dans les prochains jours, l’euro pourrait continuer sa glissade, au grand dam des spéculateurs, mais pour le plus grand bonheur de ceux qui parient sur une relative reprise de la valeur du dinar sur le marché informel en cette fin d’année.
