Le marché informel des devises en Algérie connaît une tendance baissière inhabituelle en ce début d’année. Ce samedi 17 janvier 2026, l’euro a franchi un nouveau palier à la baisse face au dinar algérien dans les principaux points de change, comme au Square Port-Saïd.
La dépréciation de la monnaie unique européenne s’est confirmée aujourd’hui. Les cambistes affichent désormais des tarifs en recul par rapport à la séance de vendredi.
Le billet de 100 euros s’échange désormais contre 27 900 dinars à la vente (prix proposé par les changeurs aux clients), marquant une baisse de 50 dinars en 24 heures. Du côté de l’achat, les revendeurs reprennent le même billet au prix de 27 600 dinars, enregistrant également une baisse de 50 dinars par rapport à la veille.
Tensions au Moyen-Orient : des départs massivement annulés
Ce recul des cours, surprenant pour un mois de janvier, s’explique principalement par le contexte géopolitique explosif. Les tensions au Moyen-Orient ont un impact direct sur le comportement des voyageurs algériens.
Par crainte de frappes américaines imminentes contre l’Iran, de nombreux Algériens ont fait le choix de la prudence :
Reports de voyages vers l’Arabie Saoudite (notamment pour la Omra).
Annulations massives de séjours touristiques ou d’affaires vers les Émirats arabes unis.
Cette baisse brutale du flux de voyageurs entraîne mécaniquement une chute de la demande en devises. Avec moins de départs, les besoins en euros et en dollars diminuent, ce qui pousse les cours vers le bas sur le marché noir.
L’effet « Visas USA » pèse sur le marché
Un autre facteur psychologique et technique vient accentuer cette tendance. La décision récente des États-Unis de suspendre l’octroi des visas pour les ressortissants de plusieurs pays, dont l’Algérie, a jeté un froid sur le marché des changes.
Cette annonce fait craindre aux acteurs du marché informel une réduction durable de la demande de devises à moyen terme. Les cambistes, anticipant une baisse de l’activité liée à l’émigration et aux voyages internationaux, ajustent leurs tarifs pour éviter de se retrouver avec des stocks de devises trop coûteux.
