La baisse de l’euro face au dinar algérien se poursuit sur le marché noir des devises. Ce samedi 11 juillet 2026, la monnaie unique européenne a encore perdu du terrain, confirmant la tendance baissière observée depuis le début du mois de juillet. Les cambistes attribuent ce recul à une augmentation importante de l’offre en devises, conjuguée à un ralentissement de la demande sous l’effet des incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient.
Dans les principaux points de change informels du pays, le billet de 100 euros s’échange à la vente contre 27 500 dinars, soit un euro à 275 dinars. À l’achat, la cotation est de 27 200 dinars pour 100 euros, voire moins dans certaines localités où l’offre dépasse largement la demande.
Le principal facteur expliquant cette baisse réside dans une règle économique fondamentale : celle de l’offre et de la demande.
Depuis plusieurs semaines, l’Algérie enregistre l’arrivée quotidienne de milliers de membres de la diaspora établis notamment en France, en Belgique, en Espagne, en Italie et au Canada. Venus passer leurs vacances d’été auprès de leurs familles, ces voyageurs alimentent massivement le marché noir des devises en revendant leurs euros contre des dinars.
Cette injection de liquidités en monnaie européenne accroît fortement les disponibilités sur le marché noir. Face à une offre devenue abondante et à une demande qui n’évolue pas au même rythme, les prix de l’euro reculent mécaniquement.
Les cambistes expliquent que le phénomène est particulièrement marqué cette année, en raison de l’importance des flux estivaux et du volume des devises échangées quotidiennement. Dans plusieurs villes du pays, les vendeurs d’euros sont désormais plus nombreux que les acheteurs, ce qui accentue encore la pression à la baisse sur les cours.
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Les tensions au Moyen-Orient freinent également la demande
Le second facteur est d’ordre international. Les tensions qui persistent au Moyen-Orient entretiennent un climat d’incertitude sur les marchés mondiaux. Cette instabilité géopolitique pousse de nombreux opérateurs économiques algériens à adopter une attitude prudente.
Les importateurs, principaux acheteurs de devises sur le marché parallèle, préfèrent reporter certaines opérations commerciales dans l’attente d’une meilleure visibilité sur l’évolution de la situation régionale. La perspective d’un éventuel embrasement incite les entreprises à limiter leurs engagements financiers.
Cette prudence se traduit directement par une diminution du nombre de transactions commerciales nécessitant des paiements en devises.
Or, moins d’importations signifie automatiquement une demande plus faible en euros. Combinée à une offre abondante provenant de la diaspora, cette situation exerce une pression baissière supplémentaire sur les cours de la monnaie unique européenne.
Une tendance qui pourrait se poursuivre
À ce stade, aucun élément ne laisse présager un retournement rapide du marché. La saison estivale ne fait que commencer et les arrivées de ressortissants algériens vivant à l’étranger devraient encore s’intensifier dans les prochaines semaines. Cette dynamique devrait continuer d’alimenter le marché noir en devises.
Dans le même temps, les opérateurs économiques restent attentifs à l’évolution de la situation géopolitique internationale. Tant que les tensions persisteront et que les importateurs maintiendront une stratégie d’attentisme, la demande en euros devrait rester relativement limitée.
Cette combinaison de facteurs pourrait prolonger la baisse actuelle.
L’euro vers son plus bas niveau de l’année ?
Au rythme actuel, plusieurs cambistes estiment que la monnaie unique européenne pourrait atteindre son plus bas niveau de l’année au cours des prochains jours.
Si l’offre continue de progresser sous l’effet des arrivées de la diaspora et que la demande demeure contenue, le seuil de 27 500 dinars pour 100 euros pourrait rapidement être franchi à la baisse.
L’évolution du marché noir des devises dépendra désormais de deux variables essentielles : le volume des euros injectés par les vacanciers algériens de l’étranger sur le marché noir des devises et le comportement des importateurs face aux incertitudes géopolitiques.
En attendant, la tendance reste clairement orientée à la baisse. Après avoir perdu plusieurs centaines de dinars depuis le début du mois de juillet, l’euro confirme son recul sur le marché parallèle, au grand bénéfice des acheteurs de devises mais au détriment des détenteurs d’euros qui voient leur pouvoir d’échange diminuer de jour en jour.






