L’euro poursuit son repli face au dinar algérien sur le marché parallèle des devises. Ce lundi 27 juillet 2026, la monnaie unique européenne a enregistré une nouvelle baisse, confirmant la tendance observée depuis plusieurs jours sous l’effet d’une offre abondante en devises et d’un ralentissement de la demande.
Selon les cotations relevées sur le marché informel, le billet de 100 euros s’échange désormais à la vente contre 27 550 dinars, contre 27 600 dinars la veille, soit une baisse quotidienne de 50 dinars. Le recul est encore plus marqué sur une semaine, avec une diminution de 150 dinars par rapport au niveau observé il y a sept jours, où le billet de 100 euros se négociait autour de 27 700 dinars.
Du côté de l’achat, le billet de 100 euros est repris en moyenne à 27 350 dinars, un niveau qui traduit également un léger repli des cours de la devise européenne sur le marché financier parallèle.
Une offre abondante en devises durant le mois de juillet
Cette baisse s’explique principalement par un déséquilibre entre l’offre et la demande. Depuis le début de la saison estivale, le marché parallèle est alimenté par un important afflux d’euros provenant des membres de la diaspora algérienne qui rentrent au pays pour passer leurs vacances d’été.
Comme chaque année, de nombreux ressortissants établis en Europe échangent une partie de leurs économies en devises contre des dinars afin de financer leurs dépenses sur place. Cette arrivée massive de liquidités en euros a considérablement renforcé l’offre sur le marché informel, exerçant ainsi une pression baissière sur les cours de la monnaie unique européenne.
Ce phénomène saisonnier est particulièrement visible durant les mois de juillet et d’août, période où les flux de devises atteignent traditionnellement leur niveau le plus élevé de l’année.
Abonnez-vous vous à notre page pour suivre le taux de change de l’euro en Algérie
Une demande en recul après les nouvelles règles sur l’allocation touristique
Parallèlement à cette hausse de l’offre, la demande en euros semble avoir perdu de son dynamisme. Les cambistes constatent un ralentissement des achats, notamment de la part des voyageurs qui se rendent habituellement en Tunisie durant la saison estivale.
Cette évolution intervient après la décision prise par le Conseil des ministres du 12 juillet 2026 de supprimer l’octroi de l’allocation touristique en espèces (« cash »). Désormais, les bénéficiaires de cette allocation doivent utiliser des moyens de paiement électroniques, notamment une carte bancaire internationale adossée à un compte en devises.
Cette réforme a entraîné des perturbations dans l’organisation de nombreux voyages, plusieurs agences de tourisme ayant dû adapter leurs offres. En conséquence, une partie de la demande qui alimentait traditionnellement le marché parallèle s’est temporairement contractée.
Une tendance à surveiller
La combinaison d’une offre abondante et d’une demande plus modérée explique ainsi le recul progressif de l’euro face au dinar sur le marché noir. Si les arrivées de la diaspora se poursuivent au même rythme au cours des prochaines semaines et que la demande ne retrouve pas son niveau habituel, la monnaie européenne pourrait continuer à évoluer sous pression.
Les opérateurs du marché restent toutefois prudents. Les cours des devises sur le marché parallèle demeurent sensibles à plusieurs facteurs, notamment les flux saisonniers, les besoins des importateurs, l’évolution des départs à l’étranger ainsi que les mesures prises par les pouvoirs publics en matière de circulation et d’utilisation des devises.






