La remontée de l’euro face au dinar sur le marché noir des devises en Algérie se confirme. Après un premier rebond enregistré jeudi, puis une nouvelle hausse vendredi, la monnaie unique européenne a poursuivi son ascension ce samedi 1er août 2026. Les cambistes ont encore revu leurs cours à la hausse, signe d’un regain de la demande sur le marché parallèle.
Concrètement, le billet de 100 euros s’échange désormais à 27 600 dinars à la vente, contre 27 550 dinars la veille. En trois séances seulement, la devise européenne a ainsi gagné 100 dinars par rapport au niveau observé mercredi.
Du côté de l’achat, la tendance est identique. Les cambistes proposent désormais 50 dinars supplémentaires pour chaque billet de 100 euros acheté auprès des particuliers, confirmant un mouvement haussier qui touche l’ensemble du marché.
Cette évolution marque un changement de tendance après plusieurs séances de repli enregistrées entre le 16 et le 29 juillet. Durant cette période, l’euro avait progressivement perdu du terrain face au dinar, sous l’effet d’une offre plus importante alimentée notamment par les arrivées estivales de la diaspora.
Depuis jeudi, le marché semble toutefois avoir changé de direction, les opérateurs constatant une demande plus soutenue pour la devise européenne.
Les nouvelles règles de l’allocation touristique stimulent la demande
Pour comprendre ce retournement, nous avons pris attache avec un cambiste exerçant à la rue Shanghai, au Square de Béjaïa, l’un des principaux pôles du marché parallèle des devises en Algérie.
Selon lui, les nouvelles conditions d’octroi de l’allocation touristique ont commencé à produire leurs effets sur le marché.
« Les changements apportés au droit de voyage ont légèrement renforcé la demande pour l’euro », explique-t-il.
Désormais, les voyageurs éligibles peuvent bénéficier d’une allocation touristique de 750 euros par adulte. Si cette mesure constitue une avancée importante, elle pousse également de nombreux voyageurs à rechercher des devises supplémentaires sur le marché parallèle afin de couvrir l’ensemble de leurs dépenses à l’étranger.
Cette hausse de la demande contribue ainsi à soutenir les cours de l’euro sur le marché noir.
Les départs des étudiants vers la France créent une pression supplémentaire
Le deuxième facteur identifié concerne l’approche des départs des étudiants algériens admis dans des universités étrangères.
Chaque année, à partir de la mi-août, des milliers d’étudiants quittent l’Algérie pour rejoindre leurs établissements d’enseignement supérieur, principalement en France.
Selon les statistiques disponibles, la France délivre chaque année entre 6 500 et 7 500 visas d’études aux étudiants algériens, ce qui en fait de loin la première destination universitaire des jeunes Algériens.
Or, les dépenses liées à ces premiers déplacements – logement, caution, frais d’installation ou dépenses courantes – ne sont généralement pas couvertes par la devise bancaire. Les étudiants et leurs familles se tournent donc vers le marché parallèle pour acquérir les montants nécessaires, ce qui accroît la pression sur la demande d’euros durant cette période.
Les importations de véhicules approchent également
Enfin, un troisième élément commence à influencer le marché : la perspective de la reprise des importations de véhicules neufs et d’occasion par les particuliers.
Selon le calendrier actuellement attendu, cette reprise devrait intervenir à partir du 15 septembre, notamment via les ports d’Alger et d’Oran.
À l’approche de cette échéance, certains importateurs commencent déjà à constituer leurs réserves en devises afin de préparer leurs futures opérations d’achat. Cette anticipation contribue, elle aussi, à soutenir les cours de l’euro sur le marché parallèle.
La poursuite de la hausse de l’euro au cours des trois dernières séances montre que le marché noir des devises est entré dans une nouvelle phase. Entre les effets des nouvelles modalités de l’allocation touristique, les départs imminents des étudiants vers l’étranger et les préparatifs liés à la reprise des importations automobiles, plusieurs facteurs convergent actuellement pour renforcer la demande en monnaie européenne.
Reste à savoir si cette dynamique se poursuivra au cours des prochaines semaines ou si l’arrivée de nouvelles quantités de devises sur le marché permettra de stabiliser les cours avant la rentrée de septembre.




