Après la baisse sensible enregistrée dimanche, l’euro affiche une légère reprise face au dinar algérien sur le marché noir des devises ce lundi 22 juin 2026. Cette remontée modérée intervient dans un contexte marqué par un regain d’optimisme sur les marchés internationaux à la faveur de développements diplomatiques au Moyen-Orient.
Selon les cotations relevées auprès des cambistes, le billet de 100 euros s’échange à la vente contre 27 800 dinars algériens, soit une hausse de 50 dinars par rapport à la journée de dimanche. À l’achat, le même montant est proposé à 27 600 dinars.
Une légère remontée après la chute de dimanche
Cette évolution marque un retournement de tendance après la baisse observée la veille sur le marché noir des devises.
Dimanche 21 juin, le billet de 100 euros s’échangeait à 27 750 dinars à la vente et à 27 550 dinars à l’achat. Les cours avaient alors perdu 150 dinars par rapport aux niveaux enregistrés samedi, reflétant les inquiétudes des opérateurs face à l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
La légère reprise constatée ce lundi ne permet pas encore à la monnaie européenne de retrouver les niveaux du week-end dernier, mais elle témoigne d’un changement de perception des intervenants du marché.
Les négociations entre Washington et Téhéran rassurent les marchés
Selon plusieurs observateurs, ce regain de l’euro sur le marché noir est principalement lié à la reprise des discussions entre les États-Unis et l’Iran.
Les informations faisant état d’un retour des négociations diplomatiques ont ravivé les espoirs d’un apaisement de la crise régionale qui pèse depuis plusieurs semaines sur les marchés financiers internationaux.
À cela s’ajoute la réouverture du détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transite une part importante du commerce mondial et des exportations énergétiques du Golfe.
Ces deux développements ont contribué à rassurer les investisseurs et les acteurs économiques sur les perspectives du commerce international. Les marchés commencent ainsi à anticiper un retour progressif à la normale des échanges commerciaux et du transport maritime dans la région.
Pourquoi le marché noir algérien réagit-il à ces événements ?
En Algérie, les fluctuations du marché noir des devises restent fortement influencées par les perspectives du commerce extérieur.
Une part importante des importations réalisées hors des circuits bancaires traditionnels dépend en effet des devises achetées sur le marché parallèle. C’est notamment le cas des véhicules importés par des particuliers ainsi que de nombreux produits introduits dans le cadre du commerce dit du « cabas ».
Lorsque les opérateurs économiques anticipent une reprise des échanges commerciaux internationaux, la demande pour l’euro augmente généralement. Les importateurs cherchent alors à sécuriser leurs besoins en devises, ce qui soutient les cours sur le marché noir.
Le même phénomène concerne également d’autres monnaies étrangères, notamment le dollar américain, qui demeure une référence dans les transactions internationales.
Quelle évolution pour l’euro dans les prochains jours ?
Interrogé sur les perspectives du marché noir des devises, un cambiste exerçant à Sidi Aïch, dans la wilaya de Béjaïa, estime que l’évolution de l’euro dépendra essentiellement de l’issue des discussions engagées entre les États-Unis et l’Iran.
Selon lui, une avancée significative des négociations ou un accord susceptible de mettre fin aux tensions actuelles favoriserait une reprise plus marquée de l’activité commerciale mondiale.
« Si les négociations aboutissent et que le conflit s’apaise durablement, la demande pour l’euro augmentera naturellement. Les importateurs auront davantage besoin de devises pour financer leurs activités, ce qui soutiendra les cours », explique-t-il.
À l’inverse, une détérioration de la situation ou l’échec des discussions pourrait provoquer un ralentissement des échanges commerciaux et peser sur la demande de devises.
Dans ce scénario, les cours de l’euro sur le marché noir pourraient de nouveau s’orienter à la baisse au cours des prochains jours.
Les opérateurs du marché parallèle restent donc attentifs aux développements diplomatiques au Moyen-Orient, dont les répercussions continuent d’influencer directement l’évolution de l’euro face au dinar algérien.




