Le marché noir des devises en Algérie subit une forte secousse ce dimanche 21 juin 2026. La valeur de l’euro enregistre une baisse soudaine face au dinar algérien. Ce recul sensible surprend les cambistes, qui s’attendaient pourtant à une hausse estivale de la monnaie européenne.
En effet, la saison d’été engendre traditionnellement une forte demande sur la monnaie unique. Les citoyens achètent massivement des devises pour couvrir les besoins des voyages à l’étranger durant les grandes vacances. Cependant, le circuit informel dément toutes les prévisions logiques en cette séance du 21 juin.
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Sur le terrain, la baisse frappe l’ensemble des points de change du pays. Le billet de 100 euros s’échange désormais à la vente contre 27 750 dinars. Cette cotation représente une chute de pas moins de 150 dinars par rapport aux cours appliqués la veille. Les acheteurs profitent donc de cette baisse inattendue, tandis que les vendeurs s’inquiètent.
De plus, la même tendance baissière s’observe pour les opérations d’achat. Le même billet de 100 euros vaut aujourd’hui 27 550 dinars, voire moins selon les régions. Pour tenter de comprendre ce retournement de situation, notre équipe a contacté un cambiste chevronné. Ce professionnel active à Béjaïa ville, plus exactement au niveau de la célèbre rue Shanghai connue pour être un points de rencontre des cambistes.
Le conflit Iran / USA panique le marché noir
D’après son analyse détaillée, ce changement de tendance s’explique principalement par les derniers développements géopolitiques au Moyen-Orient. Ce conflit majeur oppose les États-Unis d’Amérique à l’Iran. Récemment, la décision des autorités iraniennes de fermer à nouveau le détroit d’Ormuz a suscité de vives inquiétudes sur les places financières internationales.
Par conséquent, le risque d’une reprise imminente des hostilités militaires devient une piste non négligeable. L’échec flagrant des négociations diplomatiques sème la panique globale. Cette situation internationale tendue fait baisser drastiquement les transactions financières. De toute évidence, ce climat anxiogène juste les nombreuses annulations de voyages à l’étranger constatées ces derniers jours.
En logique économique, moins de voyages à l’étranger se traduit par une baisse directe des besoins en devises sur le marché noir. La diminution des voyages et le ralentissement des transactions tirent immédiatement les cours de l’euro vers le bas. Le marché noir des devises repose entièrement sur cette équation simple et logique de l’offre et de la demande.
Le blocage de l’importation automobile pèse lourd
À ce facteur international crucial s’ajoute une autre mesure nationale importante. Les autorités algériennes appliquent actuellement une interdiction stricte d’importation de voitures neuves et de moins de trois ans. Cette restriction bloque l’accès via les ports d’Alger et d’Oran jusqu’au 15 septembre prochain.
Il faut rappeler que ces importations spécifiques de véhicules dépendent entièrement des fonds du marché noir. En effet, les banques algériennes n’autorisent pas le financement de ces opérations d’achat de voitures d’occasion par les voies officielles. Les importateurs se tournent donc massivement vers le marché noir pour acquérir les montants nécessaires en euros.
Cependant, l’interdiction estivale des ports stoppe net cette demande colossale en monnaie européenne. Les concessionnaires et les particuliers qui utilisent ces deux plateformes portuaires n’achètent plus d’euros. Cette absence soudaine de clients majeurs prive le marché noir de son principal moteur de croissance. La combinaison de la crise au Moyen-Orient et du blocage automobile provoque ainsi l’effondrement des cours de l’euro ce dimanche.




