Le taux de change de l’euro face au dinar algérien n’a enregistré aucun changement sur le marché noir des devises ce mardi 30 juin 2026. Les cotations observées la veille restent en vigueur, confirmant la phase de stabilité que traverse actuellement le marché parallèle des changes en Algérie.
Sur le marché du Square Port-Saïd, principale place d’échange informelle des devises à Alger, un euro s’échange à 278 dinars à l’achat et 275 dinars à la vente. Ces niveaux sont identiques à ceux de lundi, signe que les cambistes ne constatent, pour le moment, ni hausse de la demande ni augmentation significative de l’offre.
Cette stabilité résulte d’abord d’un équilibre entre l’offre et la demande. Les opérateurs estiment que le marché fonctionne actuellement sans déséquilibre majeur. Les personnes qui souhaitent acheter des euros trouvent facilement des vendeurs, tandis que les détenteurs de devises ne font pas face à une forte pression des acheteurs. Cette équation favorise naturellement le maintien des cours.
Un autre facteur explique cette situation. Il s’agit de l’approche d’un long week-end en Algérie. Les banques, les administrations publiques et de nombreuses entreprises fermeront leurs portes pendant quatre jours consécutifs, du 2 au 5 juillet.
Le jeudi 2 juillet correspond au scrutin des élections législatives. Les journées des 3 et 4 juillet coïncident avec le week-end habituel en Algérie. Enfin, le dimanche 5 juillet marque la célébration de la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, une journée nationale chômée et payée.
Cette succession de jours non ouvrables ralentit traditionnellement l’activité économique. Les transactions financières diminuent également sur le marché parallèle des devises. Dans ce contexte, les cambistes préfèrent reporter certaines opérations jusqu’à la reprise normale des activités. Cette attitude réduit les mouvements spéculatifs et contribue à la stabilité des cotations.
Selon un cambiste opérant à Béjaïa, les conditions actuelles ne favorisent pas un changement de tendance. « Dans la configuration actuelle, les cours font généralement du surplace », explique-t-il. Notre interlocuteur estime toutefois qu’un retournement rapide du marché ne peut être totalement exclu si un événement majeur venait modifier l’équilibre entre l’offre et la demande.
La situation au Moyen Orient est à suveiller
Parmi les éléments susceptibles d’influencer le taux de change de l’euro face au dinar algérien, la situation géopolitique au Moyen-Orient reste particulièrement surveillée. Une évolution rapide du contexte régional pourrait provoquer de nouvelles réactions sur les marchés financiers internationaux et, par ricochet, sur le marché parallèle des devises en Algérie.
Depuis le déclenchement du conflit armé dans cette région, le 28 février dernier, les cambistes ont observé plusieurs changements dans le comportement des acheteurs. Les perturbations enregistrées sur les marchés financiers, le ralentissement de certains échanges commerciaux et les difficultés ayant affecté le transport aérien ont contribué à réduire la demande pour l’euro et les principales devises étrangères sur le marché noir algérien.
Cette baisse de la demande a limité les tensions sur les prix. Faute d’un afflux massif d’acheteurs, les cambistes n’ont pas été incités à relever leurs cotations. Le marché évolue ainsi dans une phase d’attentisme où chaque opérateur privilégie la prudence.
La trajectoire du marché reste incertaine
Pour les prochains jours, les professionnels s’attendent donc à une poursuite de cette stabilité, au moins jusqu’à la fin du long week-end. Sauf événement exceptionnel sur les marchés internationaux ou évolution géopolitique majeure, le taux de change de l’euro face au dinar algérien devrait continuer à évoluer dans les niveaux observés actuellement. Les opérateurs resteront néanmoins attentifs à la reprise des activités économiques, qui pourrait entraîner un retour progressif des transactions et, éventuellement, une nouvelle orientation des cours sur le marché noir des devises. Le retour de l’importation des voitures neuves et moins de trois ans via les ports d’Alger et d’Oran le 15 septembre prochain pourrait changer le donne.





