Le cours de l’euro sur le marché parallèle des devises en Algérie a enregistré une baisse sensible ce jeudi 9 juillet 2026. La monnaie unique européenne a perdu environ 100 dinars pour chaque billet de 100 euros par rapport aux niveaux observés ces derniers jours, confirmant ainsi une deuxième baisse depuis le début du mois de juillet.
Cette correction des cours intervient dans un contexte marqué par une offre plus importante de devises sur le marché informel, mais également par des facteurs internationaux qui influencent le comportement des cambistes et des opérateurs économiques.
Le billet de 100 euros s’échange à 27 600 dinars
Selon les cotations relevées auprès de cambistes opérant sur le marché parallèle, le billet de 100 euros s’échange à la vente contre 27 600 dinars, voire légèrement moins dans certaines places de change.
Du côté de l’achat, les cambistes proposent 27 300 dinars pour 100 euros. Cette évolution traduit un recul d’environ 100 dinars pour chaque billet de 100 euros par rapport aux précédentes cotations.
Il s’agit de la deuxième baisse enregistrée depuis le début du mois de juillet, alors que plusieurs observateurs anticipaient une stabilisation des cours durant la saison estivale.
Pourquoi le cours de l’euro baisse-t-il ?
Interrogé sur les raisons de cette nouvelle baisse, un cambiste exerçant dans la ville de Sidi Aïch, dans la wilaya de Béjaïa, explique que deux facteurs principaux sont à l’origine de ce mouvement.
Le premier est d’ordre saisonnier. Chaque été, l’arrivée massive des membres de la diaspora algérienne installés à l’étranger entraîne une augmentation importante de l’offre de devises sur le marché parallèle.
« Les Algériens établis en Europe arrivent avec des euros qu’ils échangent sur le marché noir pour couvrir leurs dépenses durant leurs vacances. Cela crée un afflux de devises qui exerce une pression à la baisse sur les cours », explique notre interlocuteur.
Cette tendance est observée chaque année, notamment durant les mois de juillet et d’août, période où les flux de voyageurs atteignent leur niveau le plus élevé.
Les tensions au Moyen-Orient influencent également le marché
Le second facteur avancé par le cambiste concerne la reprise des tensions au Moyen-Orient entre l’Iran et les États-Unis.
Selon lui, les regains de tensions géopolitiques perturbent le commerce international ainsi que les transactions financières mondiales. Dans ce contexte d’incertitude, les échanges commerciaux ralentissent et les besoins en devises diminuent temporairement.
« Lorsque les tensions internationales augmentent, une partie des opérations commerciales est reportée ou ralentie. La demande pour l’euro et les autres devises recule, ce qui entraîne mécaniquement une baisse des cours sur le marché parallèle des devises », souligne-t-il.
Même si le marché parallèle des devises en Algérie obéit principalement aux mécanismes locaux de l’offre et de la demande, il reste sensible aux grands événements économiques et géopolitiques qui influencent les flux commerciaux.
Une reprise de l’euro peu probable avant le mois d’août
Concernant les perspectives d’évolution du marché parallèle des devises, le cambiste estime qu’un rebond significatif de l’euro durant le reste du mois de juillet est peu probable.
« Je ne pense pas que l’euro va reprendre de la couleur avant le mois prochain », affirme-t-il.
D’après lui, une reprise des cours est plutôt attendue à partir de la deuxième semaine du mois d’août.
À cette période, la situation du marché évolue généralement dans le sens inverse. L’offre de devises commence à diminuer progressivement avec le retour des membres de la diaspora vers leurs pays de résidence, tandis que la demande repart à la hausse.
Cette combinaison d’une offre moins abondante et d’une demande plus soutenue favorise traditionnellement une remontée du cours de l’euro face au dinar sur le marché parallèle des devises.
Sauf événement majeur susceptible de modifier l’équilibre actuel, les cambistes s’attendent donc à une poursuite de la stabilité, voire à un léger recul des cours au cours des prochaines semaines, avant une probable reprise à partir de la mi-août. Les opérateurs du marché suivront notamment l’évolution des flux de voyageurs, de la demande commerciale et de la conjoncture internationale, autant d’éléments susceptibles d’influencer les prochaines cotations de la monnaie européenne sur le marché parallèle algérien.



