La compagnie aérienne nationale chinoise Air China s’intéresse de près au marché algérien. Une délégation représentant le transporteur s’est rendue ce mardi 30 juin 2026 à l’aéroport international Houari Boumedienne, à l’invitation de la Société de gestion des services et des infrastructures aéroportuaires d’Alger (SGSIA). L’objet de cette visite est d’étudier la faisabilité et la rentabilité potentielle d’une liaison directe entre la capitale chinoise et Alger.
Au programme de la délégation : une prise de connaissance des différents services de l’aéroport et une évaluation des prestations de handling au sol proposées aux compagnies étrangères opérant sur la plateforme. Aucune décision n’a été annoncée à l’issue de cette visite exploratoire. La démarche s’inscrit dans une phase préliminaire d’analyse, préalable à toute ouverture de ligne.
À ce jour, Air Algérie est la seule compagnie à assurer des liaisons directes entre l’Algérie et la Chine. La compagnie nationale opère actuellement vers Pékin et Guangzhou, cette dernière destination ayant été inaugurée en octobre 2025. Une troisième destination, Shanghai, est prévue à partir du 26 octobre 2026, à raison de trois vols par semaine.
L’entrée éventuelle d’Air China sur la route Alger–Pékin constituerait une première : aucune compagnie aérienne chinoise n’opère aujourd’hui de vols directs vers l’Algérie.
La Chine, premier fournisseur de l’Algérie depuis 2013
La perspective d’une telle liaison s’inscrit dans un contexte de relations économiques bilatérales en expansion constante. La Chine demeure le principal fournisseur de l’Algérie, avec une part de marché de 22,9 % des importations du pays, devant la France et l’Italie.
Sur les onze premiers mois de 2025, les exportations chinoises vers l’Algérie ont atteint 12,28 milliards de dollars, en hausse de 17 % sur un an, tandis que le volume commercial total sur cette période a déjà dépassé celui de l’ensemble de l’année 2024.
Cette prédominance commerciale se traduit par des flux de voyageurs d’affaires intenses et réguliers. Importateurs, industriels et opérateurs algériens se rendent fréquemment en Chine pour leurs achats, leurs commandes industrielles ou leurs partenariats. La multiplication des fréquences directes entre les deux pays répond à une demande structurelle, portée par l’intensité des échanges dans les secteurs des équipements, des matériaux de construction, de l’agroalimentaire et des biens de consommation.
Une liaison Air China entre Pékin et Alger viendrait renforcer une connectivité aérienne encore insuffisante au regard du volume des échanges économiques entre les deux pays.







