Le taux de change de l’euro sur le marché parallèle continue son ascension en Algérie. Entre juillet 2024 et juillet 2026, la monnaie européenne s’est appréciée de manière continue face au dinar, confirmant une tendance haussière observée depuis plusieurs années sur le marché noir des devises.
Une progression continue sur deux ans
Les chiffres relevés à la même période chaque année illustrent cette dynamique. Le 17 juillet 2024, 100 euros s’échangeaient contre 24 100 dinars sur le marché parallèle. Un an plus tard, le 12 juillet 2025, ce même montant atteignait 26 450 dinars, soit une hausse d’environ 9,75 % en l’espace de douze mois. La tendance ne s’est pas essoufflée : le 12 juillet 2026, 100 euros valent désormais 27 600 dinars, une progression supplémentaire de près de 4,35 % par rapport à l’année précédente.
Sur l’ensemble de la période, l’euro s’est ainsi apprécié de plus de 14,5 % face au dinar en deux ans, un rythme de dépréciation qui pèse mécaniquement sur le pouvoir d’achat en devises des ménages algériens recourant à ce marché informel.
Cette progression continue du cours de l’euro s’explique en grande partie par une demande soutenue, qui dépasse largement l’offre disponible sur le marché parallèle. De nombreux ménages continuent de se tourner vers ce circuit informel pour financer des voyages à l’étranger, des études de leurs enfants hors du pays, ou encore des besoins commerciaux difficiles à couvrir via les canaux bancaires officiels.
Cette pression sur la demande s’est également renforcée à mesure que les conditions d’accès à l’allocation touristique officielle se sont durcies. Le recours croissant au marché noir traduit, pour une partie des citoyens, une difficulté persistante à mobiliser des devises via les circuits réglementés, malgré les réformes engagées par la Banque d’Algérie depuis 2025. Plus une devise est recherchée sans que l’offre suive, plus son prix tend mécaniquement à grimper — une logique économique élémentaire qui trouve ici une illustration concrète.
Un écart persistant avec le taux officiel
Cette évolution accentue par ailleurs l’écart entre le cours parallèle et le taux de change officiel pratiqué par les banques, qui reste nettement inférieur. Cet écart alimente à son tour certaines pratiques de contournement autour des dispositifs de change réglementés, un phénomène que les autorités algériennes cherchent justement à endiguer à travers plusieurs mesures récentes de resserrement des conditions d’octroi des devises.
Si la hausse enregistrée entre 2025 et 2026 apparaît moins marquée que celle observée l’année précédente, elle confirme néanmoins que la pression sur le dinar reste d’actualité sur le marché informel. L’évolution des prochains mois dépendra en grande partie de l’ampleur de la demande estivale, traditionnellement plus forte en période de départs en vacances, ainsi que des ajustements réglementaires susceptibles d’influencer les comportements des ménages en quête de devises.





