Depuis le début du mois de juillet, le Marché noir des devises en Algérie connaît une dynamique inhabituelle. En effet, toutes les devises étrangères enregistrent des hausses importantes face au dinar algérien. Cette tendance dépasse même les attentes, notamment en ce qui concerne l’euro, qui voit son taux de change grimper de manière significative en seulement une semaine. Cette situation inquiète autant les économistes que les citoyens.
Une flambée des devises étrangères sur le marché noir
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le dimanche 2 juillet, 100 euros valaient environ 26 400 dinars algériens (DA). Quatre jours plus tard, ce même montant atteint 26 600 DA, marquant une hausse notable. Le dollar américain suit cette même tendance. Le 2 juillet, 100 dollars USD étaient échangés à environ 22 500 DA. Le mardi 8 juillet, cette somme valait désormais 22 800 DA. Même le dollar canadien n’est pas en reste, passant de 16 300 DA à 16 500 DA pour 100 dollars en une semaine.
Ce phénomène de hausse rapide des devises étrangères sur le marché noir s’accompagne d’un sentiment de fragilité du dinar. Les citoyens et les investisseurs ressentent la perte de valeur du dinar face aux devises fortes. L’ampleur de cette évolution révèle aussi la forte demande pour les devises.
Les facteurs à l’origine de la hausse
Selon un cambiste, cette montée vertigineuse des taux de change s’explique principalement par quatre facteurs. Le premier concerne la publication d’un décret relatif à la régularisation du commerce du « cabas ». Ce texte de loi stipule que les auto-importateurs, c’est-à-dire les commerçants de produits importés en quantité limitée, doivent réaliser leurs opérations d’importation avec leurs propres devises. En clair, l’État ne leur fournira pas les devises au taux officiel. Ils sont donc contraints de s’approvisionner sur le marché noir, ce qui augmente la demande en devises.
Le deuxième facteur est la reprise de la délivrance des cartes grises pour les voitures d’occasion importées par des particuliers. Depuis peu, l’importation de véhicules de moins de trois ans a repris. Les particuliers doivent payer en devises, souvent achetées sur le marché noir, ce qui stimule encore davantage la demande en devises étrangères.
Le troisième élément concerne le retard dans la mise en place de l’allocation turistique de 750 euros par personne adulte et par an. Ce retard encourage la population à se tourner vers le marché noir pour obtenir des devises nécessaires à leurs voyages. La demande augmente, ce qui entraîne une hausse des taux de change illégaux.
Enfin, la saison estivale intensifie cette tendance. Avec le début des départs à l’étranger, nombreux sont ceux qui achètent des devises sur le marché noir pour couvrir leurs dépenses en voyage. Cette pression supplémentaire sur l’offre de devises accentue encore la hausse des taux.
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Une situation préoccupante pour l’économie algérienne
Cette évolution du marché noir des devises dévoile une problématique plus large : la perte de confiance dans le dinar et le système officiel. La forte demande en devises étrangères sur le marché noir entraîne une fuite de capitaux et nuit aux réserves de change du pays.
Les autorités algériennes se trouvent face à un défi de taille : comment rétablir la stabilité du marché des devises face à cette dynamique incontrôlable ? La montée des taux de change non officiels souligne aussi la nécessité d’une révision des politiques économiques, notamment en matière de régulation des devises et de soutien à la monnaie nationale.
Le marché noir des devises en Algérie vit une période de forte volatilité. Les différentes mesures prises récemment, combinées aux attentes de la population, alimentent cette hausse spectaculaire des taux de change. La crainte d’une déstabilisation économique accrue plane sur le pays. Il est donc essentiel que les autorités mettent en place des stratégies efficaces pour réguler ce marché et restaurer la confiance dans le dinar. La situation reste fragile, mais une chose est claire : le marché noir des devises est plus que jamais au centre des préoccupations économiques en Algérie.