Nouvelle séance de repli sur le marché parallèle des devises en Algérie. Ce mercredi 24 juin 2026, l’euro poursuit sa trajectoire baissière face au dinar algérien ($DZD$), confirmant un mouvement de correction amorcé en début de semaine. Au Square Port-Saïd, épicentre des transactions informelles à Alger, la monnaie unique européenne cède du terrain sous l’effet conjugué de tensions géopolitiques mondiales et de nouvelles restrictions logistiques nationales.
Désormais, le billet de référence de 100 euros s’échange à 27 700 dinars à la vente, enregistrant une baisse de 50 dinars par rapport aux cotations de la veille. Du côté de l’achat, la baisse est encore plus marquée, le même billet vertueux de l’économie informelle ne s’échangeant plus qu’à 27 500 dinars seulement. Cette tendance baissière, qui se maintient de manière ininterrompue depuis le dimanche, témoigne d’un net tarissement de la demande en devises.
Selon les témoignages recueillis auprès de plusieurs cambistes activant au Square Port-Saïd, cette baisse continue des cours s’explique par une combinaison de trois facteurs économiques et réglementaires majeurs.
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1. Persistance des tensions au Moyen-Orient et prudence des opérateurs
Le premier facteur à l’origine de cette dépréciation de l’euro sur le marché parallèle est d’ordre géopolitique. La persistance des fortes tensions au Moyen-Orient pèse lourdement sur le moral des cambistes. Le risque d’une reprise imminente des hostilités de grande envergure demeure élevé à l’échelle internationale.
Cette instabilité chronique continue d’alimenter les inquiétudes et la volatilité sur les marchés financiers internationaux, trouvant une résonance directe sur le marché informel algérien. Face à cette incertitude globale, une grande prudence est adoptée par les opérateurs financiers du Square et les importateurs. C’est le cas notamment des importateurs de voitures asiatiques par conteneurs, qui gèlent temporairement leurs transactions. Ce climat attentiste fait baisser mécaniquement la demande en monnaie européenne, tirant les cours vers le bas.
2. Suspension des débarquements automobiles aux ports d’Alger et d’Oran
Le deuxième élément clé réside dans une décision réglementaire stricte des autorités publiques algériennes. En effet, l’État a ordonné la suspension temporaire du débarquement des voitures importées neuves et de moins de trois ans au niveau des ports d’Alger et d’Oran. Cette mesure sectorielle est entrée en vigueur le 15 juin et s’étalera jusqu’au 15 septembre.
L’arrêt temporaire des importations de véhicules via ces deux principales plateformes portuaires du pays engendre une baisse drastique des besoins immédiats en devises.
Le business de l’importation de véhicules d’occasion (moins de 3 ans) et des voitures neuves par les particuliers dépend de manière exclusive et structurelle de l’approvisionnement en monnaies étrangères sur le marché parallèle. La fermeture estivale de ces flux maritimes prive le marché noir de l’un de ses plus puissants moteurs de demande de cash en euros.
3. Chute saisonnière des départs pour la Omra durant les fortes chaleurs
Enfin, le dernier facteur explicatif est de nature purement saisonnière et religieuse. On assiste actuellement à une baisse significative des flux de voyages pour la Omra (le petit pèlerinage aux lieux saints de l’Islam).
L’arrivée de la saison de grande chaleur en Arabie Saoudite dissuade traditionnellement une part importante de pèlerins algériens d’effectuer le déplacement en cette période de l’année. Les ménages et les agences de voyages sollicitent de ce fait beaucoup moins les cambistes pour l’achat de devises nécessaires à ces séjours à l’étranger. Ce ralentissement saisonnier dépouille le marché parallèle d’une autre source cruciale de demande de liquidités, accentuant le repli de la monnaie européenne en ce mercredi 24 juin 2026. Généralement, les Algériens préfèrent le mois du ramadhan pour effectuer une Omra. L’été est la basse saison pour les agences de voyages spécialisées dans l’organisation des voyages de Omra.




