Le taux de change euro-dinar sur le marché parallèle des devises en Algérie demeure inchangé ce lundi 6 juillet 2026. Après plusieurs jours de stabilité, les cambistes n’ont procédé à aucune révision de leurs cotations, maintenant les mêmes niveaux observés depuis le 1er juillet. Une situation peu habituelle en cette période estivale, traditionnellement marquée par une forte activité sur le marché informel des devises.
Selon les cotations relevées auprès de plusieurs cambistes, notamment au marché de Shanghaï à Béjaïa, le billet de référence de 100 euros s’échange à la vente contre 27 800 dinars, soit un taux de 278 dinars pour un euro. À l’achat, les cambistes proposent 27 500 dinars pour 100 euros, ce qui correspond à un cours de 275 dinars l’euro.
Ces valeurs restent strictement identiques à celles enregistrées depuis le 1er juillet, confirmant une phase de stagnation qui surprend les professionnels du secteur. Habituellement, le début du mois de juillet est synonyme d’une évolution plus marquée des cours, sous l’effet de la hausse des échanges liée aux vacances d’été.
Une période d’attentisme chez les cambistes
Pour les opérateurs du marché parallèle, cette stabilité s’explique avant tout par un manque de visibilité sur l’évolution de l’offre et de la demande après une interruption de l’activité ayant duré quatre jours. Cette pause a été provoquée par les élections législatives anticipées et les célébrations du 64e anniversaire de la Fête de l’Indépendance et de la Jeunesse.
« Personne n’arrive à se faire une idée sur la trajectoire de l’offre et de la demande en euro sur le marché noir », explique un cambiste exerçant au marché Shanghaï de Béjaïa.
Selon lui, lorsque les opérateurs ne disposent pas d’indicateurs suffisamment fiables pour anticiper les mouvements du marché, ils préfèrent conserver les mêmes cotations plutôt que de prendre le risque d’ajuster les prix prématurément.
« Dans ce genre de situation, le taux de change euro-dinar marque généralement un arrêt jusqu’à ce que les premières tendances se dessinent », ajoute notre interlocuteur.
Juillet, un mois traditionnellement animé
Les professionnels rappellent que le mois de juillet constitue habituellement l’une des périodes les plus actives de l’année sur le marché parallèle des devises.
La demande en euros augmente sensiblement avec le départ de nombreux Algériens vers des destinations touristiques à l’étranger. Les familles qui préparent leurs vacances recherchent des devises afin de couvrir leurs dépenses une fois hors du pays, ce qui exerce généralement une pression à la hausse sur les cours.
Parallèlement, l’offre connaît elle aussi une progression. Les membres de la diaspora algérienne, nombreux à rentrer au pays pendant la saison estivale, échangent une partie de leurs économies en euros contre des dinars pour financer leur séjour en Algérie.
Cette double dynamique contribue souvent à maintenir un certain équilibre sur le marché. Les cambistes ajustent alors quotidiennement leurs cotations en fonction des volumes réellement observés sur le terrain.
Une tendance qui pourrait évoluer dans les prochaines semaines
Pour le moment, les professionnels estiment qu’il est encore trop tôt pour dégager une tendance claire. Les premiers jours qui suivent la reprise de l’activité permettront de mesurer si la demande des voyageurs est suffisamment forte pour influencer les cours ou si, au contraire, les arrivées de la diaspora permettront de maintenir un niveau d’offre élevé.
Selon le cambiste interrogé, l’évolution saisonnière du taux de change euro-dinar suit généralement un schéma bien connu des acteurs du marché.
« La première moitié du mois de juillet est souvent marquée par une légère baisse ou une stabilisation des cours grâce aux apports de devises provenant de la diaspora. En revanche, à partir du mois d’août, la tendance s’inverse généralement avec une remontée progressive des prix », indique-t-il.
En attendant que cette orientation se confirme ou non, le taux de change euro-dinar continue donc d’évoluer dans une phase d’équilibre. Les cambistes privilégient la prudence, tandis que les opérateurs attendent de disposer d’une meilleure visibilité sur les flux de devises avant d’ajuster leurs cotations. Cette stabilité pourrait toutefois n’être que temporaire, les prochaines semaines étant traditionnellement décisives pour l’évolution du marché parallèle des devises en Algérie.







