Le marché noir des devises traverse une phase de calme plat. Depuis plusieurs jours, le cours de l’euro face au dinar algérien n’affiche aucune variation notable, une situation rare sur un marché habituellement sensible aux moindres secousses économiques et politiques.
Ce samedi 4 juillet, le billet de 100 euros s’échange à la vente contre 27 800 dinars. À l’achat, la cotation s’établit à 27 500 dinars pour 100 euros. Des chiffres quasiment identiques à ceux enregistrés en milieu de semaine, confirmant cette tendance à l’immobilisme.
Une accalmie qui s’explique par le calendrier national
Selon un connaisseur du marché noir des devises rencontré à Béjaïa, cette stagnation n’a rien d’anodin. Elle résulte d’une succession d’événements qui ont marqué le pays ces derniers jours et ralenti l’activité économique dans son ensemble.
Le premier facteur est lié à la tenue des élections législatives, organisées jeudi 2 juillet. Ce rendez-vous électoral a plongé le pays dans une forme de ralentissement généralisé : les activités économiques, administratives et financières ont tourné au ralenti, à l’image de la Bourse d’Alger et des banques, qui ont observé un fonctionnement réduit durant cette période. Mécaniquement, les opérations d’achat et de vente d’euros ont nettement reculé, ce qui a favorisé le maintien des cours établis en milieu de semaine.
Le second événement concerne la fête de l’Indépendance, célébrée dans tout le pays ce dimanche 5 juillet. Journée chômée et payée, elle prolonge cette parenthèse d’inactivité économique et retarde d’autant la reprise des échanges sur le marché parallèle.
Le cumul de deux jours fériés pèse sur les transactions
Cette conjonction de deux rendez-vous majeurs — scrutin législatif et fête nationale — explique le gel quasi total des transactions sur le marché noir des devises. Les cambistes, comme les particuliers en quête d’euros, ont préféré temporiser en attendant le retour à la normale.
Notre interlocuteur souligne que ce type de situation n’est pas inédit. Chaque grand rendez-vous national, qu’il soit électoral ou commémoratif, s’accompagne traditionnellement d’un ralentissement des opérations de change, le temps que l’administration et les circuits économiques retrouvent leur rythme habituel.
Une reprise attendue dès la semaine prochaine
Interrogé sur l’évolution du marché noir des devises dans les prochains jours, notre source anticipe un retour progressif à l’activité normale dès lundi, une fois passées les festivités du 5 juillet. La reprise de la vie économique et financière devrait permettre aux cambistes de réajuster leurs cotations en fonction de l’offre et de la demande réelles.
Sur la tendance de fond, l’expert reste prudent mais précis. Généralement, les cours du marché noir se stabilisent, voire baissent légèrement, durant la première quinzaine de juillet, période marquée par une demande plus faible en devises conjuguée à une offre plus importante qui provient des membres de la diaspora algérienne qui viennent passer les vacances d’été au pays.
La donne change ensuite : à la fin du mois de juillet et au début du mois d’août, le cours de l’euro entame traditionnellement une hausse, portée par la demande liée aux préparatifs de rentrée et aux départs en vacances. Un scénario que les observateurs du marché parallèle surveilleront de près dans les prochaines semaines.




