La tendance baissière de l’euro face au dinar algérien s’est poursuivie ce vendredi 19 juin 2026 sur le marché officiel des changes, également appelé marché interbancaire. Selon les dernières cotations publiées par la Banque d’Algérie, la monnaie unique européenne a enregistré une nouvelle baisse pour la quatrième séance consécutive, confirmant ainsi le mouvement de recul amorcé le 15 juin dernier.
L’euro s’est établi à 152,6807 dinars ce vendredi, contre 153,5347 dinars la veille. Par rapport au 17 juin, lorsque la devise européenne était cotée à 154,2799 dinars, le recul dépasse 1,5 dinar. Cette évolution traduit un renforcement progressif du dinar sur le marché officiel des changes.
Le dollar américain a également terminé la séance en légère baisse. Le billet vert est passé de 133,3519 dinars jeudi à 133,2932 dinars ce vendredi. Bien que ce recul soit modéré, il confirme une orientation favorable à la monnaie nationale face aux principales devises internationales.
La livre sterling a elle aussi enregistré une baisse notable. Sa cotation est passée de 177,2943 dinars jeudi à 175,9182 dinars vendredi, soit une diminution de plus de 1,3 dinar en une seule séance. D’autres devises de référence, à l’image du franc suisse et du dollar canadien, ont également reculé face au dinar algérien.
L’avantage d’un dinar fort pour les importateurs
Cette évolution du marché des changes constitue une bonne nouvelle pour les opérateurs économiques algériens, notamment les importateurs de matières premières, de composants industriels, d’équipements de production et de produits finis.
En effet, la baisse de l’euro et du dollar réduit directement le coût des achats effectués à l’étranger. Les entreprises qui règlent leurs fournisseurs en devises bénéficient ainsi d’une diminution de leurs coûts d’importation, ce qui peut contribuer à préserver leurs marges ou à limiter les hausses de prix sur le marché local.
Cet avantage intervient dans un contexte international marqué par une forte volatilité des marchés. La guerre au Moyen-Orient continue d’alimenter les inquiétudes concernant les prix de l’énergie, les coûts du transport maritime et l’évolution des cours de nombreuses matières premières stratégiques. Face à ces tensions, le renforcement du dinar permet aux opérateurs économiques d’absorber une partie de l’inflation importée.
Les secteurs dépendant fortement des importations, notamment l’industrie, l’agroalimentaire, la pharmacie ou encore certains segments du commerce, pourraient ainsi bénéficier d’un allègement de leurs charges en devises.
Le dinar fait preuve de résilience
Au-delà des fluctuations observées ces derniers jours, cette évolution met en évidence la résistance du dinar algérien sur le marché interbancaire. La monnaie nationale a globalement préservé sa valeur face aux principales devises internationales au cours des derniers mois.
Malgré un environnement économique mondial marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et les mouvements parfois brusques des marchés financiers, le dinar a réussi à maintenir une trajectoire relativement stable. Les variations enregistrées restent limitées et s’inscrivent dans une fourchette de fluctuation modérée.
Cette stabilité contraste avec les fortes dépréciations observées dans certaines économies émergentes confrontées à des déséquilibres extérieurs ou à des tensions inflationnistes plus importantes. Elle témoigne également de la solidité des fondamentaux macroéconomiques du pays, soutenus notamment par les recettes des hydrocarbures et par le niveau des réserves de change.
Une évolution favorable à l’économie nationale
Le renforcement du dinar face à l’euro et au dollar est généralement considéré comme un facteur positif pour l’économie nationale. Une monnaie plus forte contribue à réduire le coût des importations stratégiques et à atténuer l’impact de l’inflation internationale sur les prix intérieurs.
Cette évolution est particulièrement importante dans la conjoncture actuelle, où de nombreux pays subissent encore les effets des tensions géopolitiques et de la hausse des coûts logistiques mondiaux.
Pour rappel, l’euro était coté à 154,2742 dinars le 15 juin dernier. Quatre séances plus tard, il s’établit à 152,6807 dinars, soit une baisse de près de 1 % face au dinar algérien. Si cette tendance se poursuit dans les prochaines semaines, elle pourrait contribuer à renforcer davantage le pouvoir d’achat des importateurs et à soutenir les efforts visant à contenir les pressions inflationnistes importées.





